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CFP/AAC for a special issue of the journal RELIER: New figures of esotericism in contemporary Africa and beyond (Europe, America, Asia, Oceania). Languages: French or English

2025-03-28 15:50 | ESSWE admin (Administrator)

Appel à Contribution (AAC) Numéro spécial de la revue RELIER. Revue interdisciplinaire d’études religieuses

Titre : Nouvelles figures de l’ésotérisme en Afrique contemporaine et au-delà (Europe, Amérique, Asie, Océanie)

Édité par Fernand Idriss MINTOOGUE (Docteur en Anthropologie, EPHE-PSL/ IMAF)

Le contexte colonial n’a pas été que le théâtre de la seule rivalité entre christianisme (églises protestantes et l’église catholique) et islam, religions implantées et soutenues par les puissances étrangères installées en Afrique plusieurs siècles avant cette interaction historique d’une part, et des conquêtes terrestres venues des grands royaumes Ouest et Nord-africains d’autre part

(Balandier 1971 ; Coquery-Vidrovitch 2011). Loin des joutes administratives, militaires et des tourments sanitaires, éducatifs et coutumiers, liés à une cohabitation toujours tumultueuse avec les communautés autochtones, se jouaient d’autres formes d’incursions religieuses sur le continent. En effet, plusieurs mouvements spirituels avaient profité de cette situation d’ouverture violente et contrainte de l’Afrique au monde, pour s’installer dans plusieurs pays africains. Ainsi, certains auteurs (de Rosny 2004 ; Odo 2009 ; Chidester, 2005) signalent par exemple la présence de la rose-croix et de la franc-maçonnerie bien avant la vague des indépendances (1957-1975, et 1990 pour la Namibie) sur le continent africain. Une évidence de la longue histoire de tels mouvements en Europe et en Amérique notamment (Faivre 1986a, 1986b ; Bubello et al. 2018).

Ce numéro spécial de la revue RELIER (Revue interdisciplinaire d’études religieuses) porte sur ces mouvements dits spirituels ou ésotériques venus de l’Occident ou de l’Orient pour s’installer sur les terres africaines, mais aussi leurs transformations ou l’apparition de dérivées ailleurs dans le monde (Europe et au-delà). Par mouvement ésotérique, nous entendons ces courants de pensée ou doctrines construites, pour beaucoup, autour de principes et de pratiques en marge des religions les plus populaires (monothéismes, hindouisme), privilégiant une évolution secrète, articulée autour de castes initiatiques – certaines visent même l’établissement d’une (nouvelle) hiérarchie sociale – pratiquant souvent (au travers d’une ritualité foisonnante) l’occultisme (arts divinatoires ou mantiques), la magie, etc., et une ascèse dont la substance est, bien de fois, le produit d’un mélange d’arcanes provenant de diverses religions ou traditions du globe (Faivre 1999 ; Faivre et Hanegraaff 1998 ; Hanegraaff 2006).

Les travaux classiques qui traitent de ces courants ésotériques insistent habituellement sur l’obédience de ces mouvements. Mais, dans ce numéro, nous invitons les auteurs et autrices à proposer des textes, sans obligation de discuter de leurs mouvances : « païennes » ou « néopaïennes », voire « New Age » (Pike 2004 ; Hanegraaff 1996 ; Melton 1992 ; Luhrmann 1991 ; Sutcliffe 2003). En effet, si ces mouvements ont déjà largement investi les terrains africains, il n’existe pas assez d’études documentant leurs organisations et leurs activités, contrairement à ce qui s’observe dans les cadres européens, américains et asiatiques (Mossière 2023). Les textes pourront aussi s’intéresser à l’état des sociétés initiatiques constituant le cœur de la vie de nombreuses communautés culturelles que compte le continent africain, afin d’évaluer leurs trajectoires et leurs sorts, travaillées qu’elles ont été par les dynamiques de démantèlement multiples pendant la période coloniale, et les incertitudes de la contemporanéité ou de l’ère post-coloniale.

Axes des contributions

Plus précisément, les contributions pourront s’inscrire dans un (ou plusieurs) des trois axes ci dessous :

1) Circulation des mouvements associés à l’ésotérisme occidental/oriental en Afrique et au-delà

Il s’agit d’explorer les circulations globales des formations ésotériques venues de contrées extérieures à l’Afrique. L’idée est de retracer la trajectoire des doctrines étudiées en examinant les voies par lesquelles elles se sont déployées, depuis leurs épicentres hors d’Afrique (Europe, Amérique ou Asie), pour intégrer le paysage religieux africain. Ainsi, quelques exemples ont été documentés : la religion Sukyo Mahikari en Côte d’Ivoire et au Sénégal (Louveau 2011), la foi Bahaïe en Tunisie (Kallel 2008) ou encore celui de « l’anthropologie gnostique » ou néo

gnose au Cameroun (Mintoogue 2023, 2024). Pour autant, de nombreuses autres religions et doctrines spirituelles (bouddhisme, mormonisme, reiki, hindouisme, etc.) sont bien installées à divers endroits du continent, et nécessitent d’être étudiées. L’on tentera ici, de répondre à la question de savoir quels sont leurs publics ? Quelle est leur organisation interne, leur disposition sociale et leur degré d’influence dans les sociétés qu’elles ont intégrées ? Quels sont les principes des doctrines ou religions concernées ? Cet axe de l’appel prendra également en compte des propositions examinant les (nouvelles) expressions de mouvements ésotériques (dérivés de l’ésotérisme occidental ou oriental) en dehors du continent Africain (Europe et ailleurs).

2) Exploration des pratiques (rituelles) de guérison ou de bien-être desdits mouvements ésotériques

Dans cet axe, nous questionnons l’esthétique de ces doctrines dans le contexte africain et ailleurs dans le monde. Il s’agit de savoir quelles formes elles revêtent une fois installées dans un contexte autre que celui dont elles émanent ? Quel est leur (éventuel) degré d’acculturation ? A quel point se transforment-elles, afin de répondre à la demande locale ? Il faudrait également savoir quelle est leur offre en termes de pratiques (rituelles) visant le bien être ou la guérison, sans oublier l’initiation des adeptes. Logiquement, l’on questionnera les types de pratiques rituelles proposées au sein de ces formations, en évaluant leur déroulement, les techniques corporelles, les dispositifs linguistiques, proxémiques et matériels (variétés d’objets) employés ou déployés dans les cadres élaborés à cet effet, afin de mobiliser et manipuler le corps des participants. Il s’agit de proposer une réflexion visant à examiner les potentielles différences, voire transformations, existant entre les pratiques originales (telles que pratiquées dans leurs lieux d’origine) et celles appliquées dans leurs nouvelles bases.

3) Sociétés initiatiques africaines : quelles transformations et quel avenir ?

Bien avant l’incursion des religions monothéistes qui y ont une place importante aujourd’hui, les sociétés africaines se caractérisaient par l’existence de religions animistes – qui subsistent aujourd’hui, reprenant même une importance renouvelée – et de coutumes au cœur desquelles se trouvaient – et se trouvent encore – des sociétés ou castes initiatiques, que seuls quelques privilégiés peuvent intégrer à la suite d’une initiation. Celles-ci disposaient de

compétences variées, selon les unités socioculturelles : la chasse et les thérapies comme dans le cas du donsoya (société des chasseurs mandingues) au Mali (Kedzierska Manzon 2014, 2023), la chasse, l’habileté guerrière physique et mystique (mise à mort des sorciers), à l’instar du ngii – société des hommes gorilles chez les Fang – au Cameroun (Laburthe-Tolra 1985), la confrérie des hommes-panthères en pays Wé (Gabon), etc. Le continent regorgeait et regorge encore de nombreuses sociétés initiatiques féminines (Mevungu au Cameroun ; Sandé ou Bundu au Libéria/Sierra Leone et Côte d’Ivoire ; Worodugu en Côte d’Ivoire et Chaga en Tanzanie, etc.), bien documentées en anthropologie. Bien d’entre elles ont été combattues et largement démantelées pendant la période coloniale. Il s’agira donc de savoir quel est leur présent, c’est

à-dire – si elles ont survécu – leur forme ou leur organisation actuelle. Quelles transformations peut-on y lire ? Ont-elles assimilé le christianisme et d’autres religions importées comme cela a été démontré en Afrique du Sud et au Botswana (Teppo 2009 ; Nthoi 2022) ? Existe-t-il des différences entre leur ritualité plusieurs décennies plus tôt et celle que l’on observe à ce jour ? Comment s’adaptent-t-elles aux besoins des nouvelles générations ?

Date limite d’envois des résumés en français et en anglais (une page max avec bibliographie indicative de 5 ouvrages) à envoyer à : ferneyyagami90@gmail.com : 10 avril 2025

Annonce des propositions retenues : 20 avril 2025

Date limite d’envoi des articles : 15 Septembre 2025

Date de publication estimée : mars 2026

PS : les propositions en anglais sont les bienvenues. Cependant, elles seront traduites en français, car le numéro de Revue sera publié en français.


Appel à Contribution (AAC) Special issue of the journal RELIER. Interdisciplinary journal of religious studies

Title: New figures of esotericism in contemporary Africa and beyond (Europe, America, Asia, Oceania)

Edited by Fernand Idriss MINTOOGUE (Doctor of Anthropology, EPHE-PSL/ IMAF)

Far from the administrative and military jousting and the health, educational and customary torments associated with an ever-tumultuous cohabitation with native communities, other forms of religious incursion into the continent were at play. Indeed, several spiritual movements had taken advantage of Africa's violent and forced opening to the world, to establish themselves in several African countries. For example, some authors (de Rosny 2004; Odo 2009; Chidester, 2005) point to the presence of Rosicrucianism and Freemasonry well before the wave of independence (1957-1975, and 1990 for Namibia) on the African continent. Evidence of the long history of such movements in Europe and America in particular (Faivre 1986a, 1986b; Bubello et al. 2018).

This special issue of the journal RELIER (Revue interdisciplinaire d'études religieuses) focuses on these so-called spiritual or esoteric movements that have come from the West or East to settle on African soil, as well as their transformations or the emergence of offshoots elsewhere in the world (Europe and beyond).By esoteric movement, we mean those currents of thought or doctrines built, for many, around principles and practices on the bangs of the most popular religions (monotheisms, Hinduism), favoring a secret evolution, articulated around initiatory castes - some even aiming at the establishment of a (new) social hierarchy - often practicing (through an abundant rituality) occultism (divinatory or mantic arts), magic, etc., and an asceticism whose substance is a spirituality, and an asceticism whose substance is often the product of a blend of arcana from various religions and traditions around the globe (Faivre 1999; Faivre and Hanegraaff 1998; Hanegraaff 2006).

Classical works dealing with these esoteric currents usually insist on the obedience of these movements. In this issue, however, we invite authors to submit texts, with no obligation to discuss their “pagan”, “neopagan” or even “New Age” leanings (Pike 2004; Hanegraaff 1996; Melton 1992; Luhrmann 1991; Sutcliffe 2003).Indeed, while these movements have already largely invested the African terrain, there are not enough studies documenting their organizations and activities, contrary to what is observed in European, American and Asian settings (Mossière 2023).Texts could also look at the state of the initiation societies at the heart of the lives of many cultural communities on the African continent, in order to assess their trajectories and fates, shaped as they have been by the multiple dynamics of dismantling during the colonial period, and the uncertainties of contemporaneity or the post-colonial era.

Focus of contributions

More specifically, contributions may fall into one (or more) of the following three categories:

1) Circulation of movements associated with Western/Eastern esotericism in Africa and beyond

The aim is to explore the global circulation of esoteric formations from outside Africa. The idea is to retrace the trajectory of the doctrines studied by examining the ways in which they spread from their epicenters outside Africa (Europe, America or Asia) to integrate the African religious landscape. Examples include the Sukyo Mahikari religion in Côte d'Ivoire and Senegal (Louveau 2011), the Baha'i faith in Tunisia (Kallel 2008) and “gnostic anthropology” or neo

gnosis in Cameroon (Mintoogue 2023, 2024). However, many other religions and spiritual doctrines (Buddhism, Mormonism, Reiki, Hinduism, etc.) are well established in various parts of the continent, and need to be studied. The aim here is to answer the question: who are their audiences? What is their internal organization, their social disposition and their degree of influence in the societies they have integrated? What are the principles of the doctrines or religions concerned? This section of the call will also consider proposals examining (new) expressions of esoteric movements (derived from Western or Eastern esotericism) outside the African continent (Europe and elsewhere).

2) Exploring the healing or well-being (ritual) practices of these esoteric movements

In this axis, we question the aesthetics of these doctrines in the African context and elsewhere in the world. What forms do they take once installed in a context other than the one from which they emanate? What is their (eventual) degree of acculturation? To what extent are they transformed to meet local demand? We also need to know what they offer in terms of (ritual) practices aimed at well-being or healing, not forgetting the initiation of followers. Logically, we'll be questioning the types of ritual practices offered within these training courses, assessing how they are carried out, the bodily techniques, linguistic, proxemic and material devices (varieties of objects) employed or deployed within the frameworks elaborated for this purpose, in order to mobilize and manipulate the participants' bodies. The aim is to examine the potential differences, and even transformations, between the original practices (as practiced in their places of origin) and those applied in their new bases.

3) African initiation societies: what changes and what future?

Long before the incursion of the monotheistic religions that play such an important role today, African societies were characterized by the existence of animistic religions - which continue to exist today, even regaining renewed importance - and customs at the heart of which were - and still are - initiatory societies or castes, which only a privileged few can join following initiation. Depending on the socio-cultural unit concerned, they had a wide range of skills at their disposal: hunting and therapies, as in the case of the donsoya (Mandingo hunters' society) in Mali (Kedzierska Manzon 2014, 2023); hunting, physical and mystical warrior skills (killing witches), as in the case of the ngii - gorilla men's society among the Fang - in Cameroon (Laburthe-Tolra 1985); the panther-men's brotherhood in Wé country (Gabon), and so on. The continent was and still is home to numerous female initiation societies (Mevungu in Cameroon; Sandé or Bundu in Liberia/Sierra Leone and Côte d'Ivoire; Worodugu in Côte d'Ivoire and Chaga in Tanzania, etc.), well documented in anthropology. Many of them were fought against and largely dismantled during the colonial period. So we'll be looking at their present, i.e. - if they have survived - their current form or organization. What transformations have they undergone? Have they assimilated Christianity and other imported religions, as demonstrated in South Africa and Botswana (Teppo 2009; Nthoi 2022)? Are there differences between their

rituals several decades earlier and those observed today? How are they adapting to the needs of new generations?

Deadline for submission of abstracts in French and English (one page max. with indicative bibliography of 5 works) to: ferneyyagami90@gmail.com : April 10, 2025

Announcement of successful proposals: April 20, 2025

Deadline for submissions: September 15, 2025

Estimated publication date: March 2026

PS: Submissions in English are welcome. However, they will be translated into French, as the Journal issue will be published in French.


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